Par Mike Lecomte
Léger et soulagé, je m’appuie sur la balustrade de la terrasse perchée de cette belle construction en bois. Une brise légère refroidit le bout de mon nez mais j’ai chaud, je me sens bien. Le soleil se couche derrière les sommets à l’horizon, les nuages sont là-bas au loin, un peu plus bas. Ce genre d’instant en montagne a quelque chose de magique. La fatigue physique, la détente mentale… on est heureux d’être là, simplement. Il faut bien avouer que la vue est splendide ! Ah la montagne, quel pied ! Chaque fois un sommet en perspective et tellement de chouette moments avant de l’atteindre.”

 

Le refuge de la dent blanche est situé à environ 3500m d’altitude. L’approche est relativement longue et vraiment intéressante, elle permet de sentir l’éloignement et de se préparer au sommet qui viendra peut-être. Olek a quitté le niveau de la mer hier et nous a rejoint, Djai et moi. Profitant d’un créneau (de beau temps), nous lui proposons de réaliser sa première course en montagne avec nous. A peine arrivés, nous partons le lendemain à l’assaut de la dent blanche, un magnifique 4000 pas loin de chez notre compatriote exporté dans le valais : Jérôme Lambert alias Djai. Olek se met donc en jambes lors de l’approche assez rude. Après une bonne sieste et un bon repas, nous voilà prêts pour le lendemain. La pression (mentale, sanguine, atmosphérique ?) monte légèrement, le créneau est bon. Je le sens bien pour le lendemain. Je regarde une dernière fois la vue avant d’aller me coucher. Là-haut, on va en général dormir tôt pour se lever à l’aube. Dans ce refuge, le réveil est à 4h du matin.

Finalement, l’ascension se déroule à merveille. Nous partons vers 4h45, et malgré des conditions assez neigeuses, rendant cette ascension d’arête plus difficile et plus lente, nous surmontons les obstacles les uns après les autres, grimpant les longueurs rocheuses des gendarmes et cramponnant délicatement lors de passages étroits. Nous rentrons au refuge vers 17h. Petite collation avant d’entamer la descente jusque dans la vallée, et voilà !